5 questions à un artiste : Benoit Laporte de l’Atelier 739

Avec près de 1200 tableaux vendus en 9 ans, Benoit Laporte était bien loin de se douter qu’une perte d’emploi allait le mener à vivre pleinement de son art. Art X Terra s’est entretenue avec l’artiste qui a toujours cru qu’il avait tous les outils disponibles pour réussir !

AXT : Parlez-nous un peu de vous. Quelle est votre histoire ? 

BL :  J’ai un parcours assez complexe… Tout d’abord militaire, puis marine, pour ensuite devenir garde forestier et finalement Directeur de la SPCA de Laval, j’ai occupé plusieurs professions différentes. Aujourd’hui, je peux affirmer que je suis artiste à temps plein !

Lorsque j’ai perdu mon emploi comme Directeur de la SPCA de Laval, mon univers a radicalement basculé. Plusieurs événements malheureux se sont succédé, entre autres, le départ de ma conjointe. Même si j’avais travaillé une grande partie de ma vie et connu plusieurs succès professionnels, je me trouvais désormais dans une situation précaire. J’ai eu besoin d’un temps de repos, un temps à ne rien faire pour réellement trouver ce que je voulais faire. Je voulais voir ce qui pouvait émerger de moi. L’art et la création ont changé ma façon de concevoir la vie, mais surtout le travail !

AXT : Comment avez-vous réussi à vendre 1200 toiles en 9 ans ?

BL : Honnêtement, en faisant ce que j’avais envie de faire et non pas ce que les gens voulaient que je fasse. Je m’explique. Lorsque j’ai commencé à faire de l’art, je me suis mis à créer des œuvres que je pourrais qualifier d’esthétiques ou de commerciales. Je produisais des œuvres qui ne me plaisaient pas particulièrement, mais qui je croyais allaient plaire à mon entourage. J’ai eu un gros problème de conscience lors de cette période. J’ai réalisé que ce n’était pas ça la création. J’ai commencé à travailler plus impulsivement, plus librement et c’est réellement à partir de ce moment que j’ai réussi à vendre mes toiles !

Je suis devenu très productif. Je pouvais réaliser des dizaines de toiles en moins d’un mois. J’ai réellement commencé à me faire confiance et à croire en mon travail ! Les gens ont pu le constater et c’est à ce moment que j’ai pu partager ma passion avec mon public. Optimiste de nature, j’ai toujours cru que j’avais en moi tous les outils nécessaires pour réussir. Je sais que c’est un peu cliché, mais lorsqu’on veut, on peut. 

AXT : Plusieurs artistes nous ont manifesté leur difficulté à bien cibler leur public. Comment avez-vous fait ?

BL : Tout comme eux, il m’a pris un certain temps avant de connaître mon public. En effet, comme je l’expliquais précédemment, mon premier public fut mon entourage. Ces gens m’encourageaient dans la poursuite de mon art, mais n’achetaient pas nécessairement d’oeuvres. Un jour, je leur ai présenté mes nouvelles créations, celles que je jugeais plus fortes et plus personnelles et ils m’ont dit qu’ils préféraient ce que je faisais avant. C’est à ce moment que j’ai compris que ce n’était pas mon public. Je n’étais tout simplement pas encore été à sa rencontre. J’ai donc commencé à peindre sans me poser de questions.

Bien entendu, j’ai participé à quelques expositions de groupes. J’ai exposé dans des Cafés-Bistro, dans des boutiques de mode et en galeries. Ces plateformes de diffusion m’ont permis de rencontrer mon public à plusieurs reprises. Ce qui est important de comprendre, je crois, c’est qu’il n’existe pas de modèle précis. Chaque acheteur est différent. Il aime votre art ou il ne l’aime pas. C’est la seule chose qui devrait vous préoccuper. Il n’y a pas d’études de marché à faire en ce qui attrait à vos créations ! Les gens vont acheter vos œuvres si elles leurs parlent, c’est un processus extrêmement personnel. Je ne cherche pas le public, je le trouve au fil de rencontres et d’échanges. 

Je ne cherche pas je trouve - Picasso

AXT : Qu’est-ce qui a été déterminant dans votre succès ?

BL : Plusieurs événements ont été déterminant dans mon succès. Que ce soit ma perte d’emploi, le départ de ma conjointe ou les rencontres que j’ai pu faire, ces circonstances ont fait en sorte que je vis présentement à 100 % de mon art. L’ouverture de mon atelier en 2013, l’Atelier 739, fut très déterminant puisque c’est lui qui me permet de me réaliser à temps plein dans ma passion; la création ! Toutefois, je crois que la clé du succès est la confiance. Tout le monde a les aptitudes nécessaires pour réussir !

AXT : Quels conseils aimeriez-vous donner à quelqu’un qui débute ?

BL : Je ne donne jamais de conseils à personne. Je crois qu’il n’existe pas de recettes magiques pour réussir à vivre de son art. Nous avons tous la capacité de mener à bien nos projets de la manière dont nous le souhaitons. Le plus difficile est de se trouver. Il faut se donner du temps. Si tu ne te connais pas, tu ne peux pas savoir ce que tu as. 

Art X Terra
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