Art X Terra X Jimmy Baptiste : Entrevue avec l’artiste

Entrevue avec Jimmy Baptiste, artiste multidisciplinaire dans le domaine des arts visuels et de l’éducation, 38 ans, qui vit depuis maintenant 3 ans de son art. Jimmy a un créneau bien particulier que sont les écoles.

Par Christiane Lamarche, collaboratrice Art X Terra

CL: Parle-nous de toi, comment tu en es venu à travailler pour les écoles? Dis-nous aussi quel type d’art tu fais qui te relie à ces écoles, car tu as niche très particulière. Quel est ton cheminement?

JB: Je suis un artiste autodidacte, qui a construit son chemin pour que la chance puisse venir vers moi. J’ai toujours essayé de planter des semences un peu partout puis voir par la suite, ce qu’elles peuvent m’apporter. J’ai commencé tout jeune à dessiner, je voyageais beaucoup vers les États-Unis et c’est d’ailleurs ces voyages qui mon fait tomber en amour avec le graffiti. Par la suite, au début de ma vingtaine, j’ai trouvé un emploi dans le journal comme intervenant en graffiti. La ville de Montréal voulait trouver une certaine façon de faire de la prévention positive et moins répressive envers les jeunes, car il y avait un gros fléau de graffitis au début des années 2000. Ils ont décidé d’engager des artistes pour implanter différents projets et c’est là qu’à Lachine j’ai fait partie du Programme Graffiti durant 10 ans. Nous travaillons beaucoup dans les écoles primaires et secondaires, les organismes sociaux culturels, les festivals de la ville de Lachine où nous faisions beaucoup de peinture en direct et où on invitait les jeunes et la population à participer aux fresques communautaires et aux différents ateliers de graffitis.

Ça a été le début de la définition de ce que je fais en ce moment. Il y a 3 ans, j’ai fait une résidence à McGill durant 1 an. J’ai créé le même genre de projet, mais pour les étudiants de l’université qui voulaient devenir professeurs d’art en les plaçant dans différents contextes sociaux culturels pour qu’ils puissent avoir des techniques alternatives d’éducation. J’ai eu aussi l’occasion de créer une murale collective qui est dans l’université en ce moment.

À partir de là tout s’est mis à débouler. J’ai trouvé un emploi comme artiste en résidence dans une école secondaire à St-Henri au cœur d’un programme d’art urbain dont j’étais le facilitateur dans l’école pour ces projets artistiques. Je travaillais avec les jeunes pour gérer la galerie d’art de l’école construite par et pour les jeunes puis j’assistais leurs professeurs à la création de différents projets sociaux culturels, de l’exposition à l’appel de projets dans d’autres écoles. Cela leur permettait de toucher à une facette entrepreneuriale et créative pour apprendre à gérer des projets de A à Z.

J’ai d’ailleurs un contrat de 6 semaines dans le territoire Crie des Premières Nations pour y implanter ce même genre de projet.

CL: Donc c’est toi qui approches ces institutions ou ce sont elles qui viennent à toi?

JB: C’est un peu des deux. Ayant déménagé dans l’Outaouais, je dois me faire de nouveaux contacts, mais j’ai quelques projets à Montréal qui viennent à moi. On me trouve aussi sur le Web par Instagram ou Facebook, mon site Internet. C’est un nouveau challenge de déménager dans un nouvel endroit et dans un nouveau marché qui n’est pas développé dans ce que je fais.

CL: Quelle est ton approche quand toi tu vas vers de nouvelles écoles ou institutions?

JB: Souvent par courriel. J’essaie de trouver le nom de la personne-ressource sur Internet, que ce soit sur les sites des commissions scolaires ou à travers différents contacts que je connais. J’envoie un courriel de bonjour, je me présente, parle de qui je suis, de mes réalisations. J’envoie aussi mon site Internet, mon CV et une lettre de présentation. Parfois j’envoie aussi des lettres de recommandation que je demande à chaque projet réalisé. Elles s’accumulent et témoignent de mon expérience. Je n’ai pas de BAC dans le domaine de l’art et surtout de l’éducation donc ces lettres de références sont comme mes diplômes. Si j’ai l’occasion de pouvoir les appeler je le fais aussi, mais j’essaie d’y aller le plus simple et concis dès le début, pour montrer mon enthousiasme. Je n’ai pas peur non plus de retourner un courriel si je n’ai pas de réponse en dedans de 3-4 jours. Je leur laisse le temps.

CL: J’aime le point que tu apportes que nous ne répondons pas toujours instantanément et que nous avons besoin d’un rappel pour ne pas penser d’emblée que notre message a été ignoré.

JB: C’est ça. Tout le monde a ses priorités dans la vie et toi tu n’es certainement pas leur priorité au moment où tu les contactes.

CL: Tu fais combien de contacts avant de dire que cette entreprise n’est pas pour toi?

JB: C’est variable, parfois j’essaie d’appeler. Je respecte aussi leur calendrier d’entrée en classe et de cibler le meilleur moment pour eux d’embarquer dans de nouveaux projets.

CL: C’est un point important à l’effet que ce n’est pas toujours un bon moment pour un client potentiel d’établir un lien avec l’artiste.

CL : Tout à l’heure tu mentionnais Instagram et ton site internet. Est-ce que tu utilises beaucoup les réseaux sociaux? As-tu le temps de les utiliser?

JB: J’aimerais les utiliser beaucoup plus que je ne le fais. Ce n’est pas ma première ressource pour me trouver des contrats, pour le moment c’est vraiment du bouche-à-oreille. C’est un marché que je n’ai pas encore exploité, mais qui a extrêmement de potentiel professionnellement et artistiquement.

CL: Merci de ton partage. Tu as un parcours atypique, tu nous as démontré que tu ne restes pas assis dans ton coin à attendre que l’on vienne te chercher. Tu es toujours en action malgré que des gens viennent déjà vers toi, ça t’ouvre des portes et te permets de vivre de ton art.

JB: j’en suis heureux, il y a des hauts et des bas, il faut avoir confiance en ses moyens et foncer pour ne pas vivre avec le regret. Je souhaite bonne chance à tous les artistes, si vous avez confiance en vous cela favorise que les gens aient aussi confiance en vous.

Visiter son site web : http://jimmybaptiste.ca/

Art X Terra
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